Magal de Touba 2026 : Face à l’incivisme et aux drames routiers, l’État prône la fermeté tout en demandant pardon

TOUBA — Présidant la cérémonie officielle marquant la clôture de la 132ᵉ édition du Grand Magal de Touba, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a livré un discours de vérité, empreint de fermeté républicaine et d’humilité. Face aux autorités religieuses et à la communauté mouride, le représentant du gouvernement a appelé à une remobilisation générale pour rétablir l’ordre public et renforcer la sécurité routière.
Sécurité et ordre public : l’État tape du poing sur la table
Alarmé par le récurrent fléau des accidents de la route et le désordre urbain observés lors des grands rassemblements, le ministre de l’Intérieur a rappelé des principes fondamentaux de coexistence pacifique et d’incivisme.
« L’ordre appartient à l’État », a martelé le ministre, recadrant sans détour le partage de l’espace public : « La route est faite pour les voitures et le trottoir pour les piétons ». Soulignant que la sécurité ne peut porter ses fruits sans une collaboration citoyenne, il a appelé à une prise de conscience collective où la population et les pouvoirs publics agissent de concert pour éradiquer ces tragédies.
Pour faire respecter ces règles, le ministre s’est adressé directement aux forces de défense et de sécurité, les invitant à appliquer la loi avec rigueur et à « agir strictement conformément aux missions d’ordre et de protection qui leur sont dévolues ».
Humilité institutionnelle : le mea culpa de l’État
Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre a fait preuve d’une grande hauteur morale en présentant publiquement des excuses pour les défaillances logistiques et sécuritaires constatées durant l’événement.
Dégradation du réseau routier, récurrence des vols de téléphones portables, embouteillages monstres ou encore difficultés d’accès pour les pèlerins au mausolée de Serigne Touba : le ministre n’a éludé aucun sujet. Cette démarche d’humilité vise à reconnaître les défis infrastructurels et d’organisation que l’État s’engage à corriger lors des prochaines éditions.
Concorde nationale et pardon : l’esprit de Touba
Évoquant le sous-titre spirituel du Magal, Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé que Touba représentait, le temps des ferveurs, « le Sénégal en miniature ». Porteur du message du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le ministre a réitéré l’appel du chef de l’État à la paix et à la concorde nationale, invitant tous les Sénégalais à s’unir autour de l’essentiel pour le développement du pays.
Revenant sur l’héritage de Serigne Touba, le ministre a rappelé que le pardon constituait le couronnement de l’œuvre du fondateur du mouridisme. À l’image du Prophète Mouhammad (PSL) dont il s’est proclamé le serviteur (Khadimou Rassoul), Cheikh Ahmadou Bamba avait pardonné à tous ses persécuteurs au terme de ses épreuves. Un message de tolérance et de dépassement de soi que le gouvernement souhaite placer au cœur du pacte social sénégalais.
El Modou Gueye