Médina sous pression : Bamba Fall accuse les organisateurs des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’« asphyxier » la commune

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La tension monte à Médina. Lors d’une conférence religieuse tenue à la Maison de la Culture Douta Seck, le maire Cheikh Ahmadou Bamba Fall a livré un discours sans détour, dénonçant ce qu’il considère comme une mise à l’écart délibérée de sa commune dans l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Après avoir salué ses alliés politiques, dont Khalifa Sall, Alioune Ndoye et Barthélémy Dias, et réaffirmé son soutien au président Macky Sall, le maire a changé de ton pour dresser un réquisitoire sévère contre la gestion des Jeux.

Pour lui, le constat est sans appel : la Médina subit les nuisances sans bénéficier d’aucune retombée. « On nous impose les contraintes, mais on nous refuse les bénéfices », a-t-il martelé. Routes dégradées, chantiers interminables, activités économiques paralysées : le quotidien des habitants s’est détérioré, tandis que les recettes de la commune s’effondrent.

Mais au-delà des désagréments, c’est une véritable stratégie d’étouffement que dénonce l’édile. Selon lui, plusieurs projets promis aux populations ont été purement abandonnés : la piscine municipale n’a jamais vu le jour, la Maison du cuir a disparu des priorités, et la commune reste exclue de la gestion du Stade Iba Mar Diop.

Plus grave encore, le maire accuse certaines structures étatiques d’avoir méthodiquement démantelé les sources de revenus de la municipalité. Marchés détruits, espaces commerciaux rasés, occupations suspendues : « Tout ce qui permettait à la Médina de respirer financièrement est en train d’être supprimé », déplore-t-il.

Le marché « Cheikh Madické » rasé par la DSCOS, les rues 1 et 11 démolies par l’AGEROUTE, les activités interrompus sur le boulevard du Centenaire, les expulsions menées sur l’avenue Blaise Diagne, ainsi que les menaces pesant sur le marché Tilène : pour Cheikh Ahmadou Bamba Fall, ces actions relèvent d’une logique cordonnée plutôt que des décisions isolées.

« Ce n’est plus une coïncidence. C’est une entreprise organisée pour asphyxier la commune », accuse-t-il, pointant une volonté manifeste de fragiliser l’administration locale jusqu’à l’empêcher de fonctionner normalement.

Même les recettes publicitaires, autrefois vitales, sont aujourd’hui restreintes, aggravant une situation déjà critique. « On veut nous mettre à genoux, nous empêcher de payer nos travailleurs et de servir nos populations », alerte-t-il.

Face à ce qu’il qualifie de « sabotage institutionnel », le maire hausse le ton et promet une riposte. « Nous ne resterons pas les bras croisés. La Médina ne sera pas sacrifiée sur l’autel des Jeux Olympiques de la Jeunesse », a-t-il lancé avec fermeté.

Dans un contexte de fortes attentes sociales cette prise de position de Cheikh Ahmadou Bamba Fall ravive le débat sur les retombées réelles des Jeux Olympiques pour les territoires hôtes, en posant une interrogation centrale : Qui bénéficient véritablement de ces grands événements ?

Source Mairie médina

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