Rejet de sa proposition de révision constitutionnelle : Le « Clean Play » d’Ousmane Sonko face aux Sages

C’est une réaction empreinte de retenue mais stratégiquement calculée que le président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, a livrée suite au verdict du Conseil constitutionnel. En déclarant non conforme à la Constitution sa proposition de loi sur la révision constitutionnelle, les Sages ont porté un coup d’arrêt à l’initiative parlementaire du leader de Pastef. Mais loin de s’engager dans un bras de fer institutionnel, l’homme fort du perchoir a choisi la carte du respect républicain, tout en réaffirmant la puissance du pouvoir législatif.
« Cette décision s’impose à tous ! » : Le choix de la légalité
C’est via sa page Facebook qu’Ousmane Sonko a brisé le silence. Alors que certains observateurs redoutaient une escalade verbale ou une fronde contre la haute juridiction, le président de l’Assemblée nationale a coupé court à toute spéculation :
« Le Conseil constitutionnel vient de prendre une décision. Au-delà des commentaires et avis que peuvent susciter les motivations retenues, une seule chose reste : CETTE DÉCISION S’IMPOSE À TOUS ! Dont acte ! »
Par ces mots, Sonko s’érige en garant du respect des institutions. En rappelant qu’« en démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », il désamorce les tensions et légitime le jeu démocratique sénégalais, souvent mis à rude épreuve par le passé.
Un Bureau de l’Assemblée nationale convoqué en urgence : Quelle sera la riposte ?
Si la forme reste courtoise et républicaine, le fond n’en demeure pas moins politique. Ousmane Sonko a immédiatement convoqué le Bureau de l’Assemblée nationale pour ce vendredi après-midi. S’agit-il d’une riposte ?
Pas au sens d’une rébellion contre le Conseil constitutionnel, mais plutôt d’une réorganisation de la stratégie législative de la majorité. En prévenant que « l’Assemblée nationale continuera à exercer pleinement la mission qui lui a été confiée », l’ancien Premier ministre envoie un message clair à l’exécutif et à l’opposition : le Parlement ne compte pas abdiquer son pouvoir de légiférer.
En concluant son message par un vibrant « Vive le Sénégal ! », Ousmane Sonko rappelle qu’il reste un fin stratège. Ce revers juridique, loin de l’affaiblir, pourrait bien lui servir de levier pour remobiliser ses troupes et réaffirmer le rôle central de l’Assemblée nationale dans le Sénégal de l’ère Diomaye.
Le rendez-vous de ce vendredi après-midi à la place Soweto s’annonce donc décisif pour la suite du calendrier politique.
Senactu.net