​Séisme au Perchoir : Ce qui se cache derrière les démissions en cascade à l’Assemblée nationale

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​Mais que se cache-t-il réellement derrière ce jeu d’échecs politique ?

​Le divorce Faye-Sonko : L’Assemblée comme nouveau champ de bataille

La scène politique sénégalaise vient de basculer dans une nouvelle ère de turbulences. L’Assemblée nationale, transformer en véritable champ de bataille, est aujourd’hui le théâtre d’une reconfiguration institutionnelle majeure. Entre démissions stratégiques au sommet de l’État et guerre de positionnement, le pouvoir législatif s’apprête à vivre un virage sans précédent.

​Ces démissions en cascade — qui ont secoué l’institution avec le départ d’El Malick Ndiaye, suivi de mouvements stratégiques chez plusieurs vice-présidents du Bureau — ne sont pas le fruit du hasard. Elles actent la rupture consommée entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son désormais ex-Premier ministre, Ousmane Sonko.

​Limogé de la Primature début mai 2026 suite à de profondes divergences sur la gestion et la personnification du pouvoir, Ousmane Sonko n’a pas dit son dernier mot. Le leader du PASTEF a décidé de déplacer le curseur de la confrontation sur le terrain législatif.

​Remplacement des vice-présidents : Ce que dit le Règlement intérieur

L’objectif est clair : Libérer de l’espace au sein du Bureau et du perchoir pour permettre à Ousmane Sonko de briguer la présidence de l’Assemblée nationale, s’imposant ainsi comme la deuxième personnalité de l’État.

​En poussant ses lieutenants à libérer leurs postes stratégiques, le parti majoritaire réorganise ses troupes. L’idée ? Installer un bloc homogène, ultra-combatif, capable d’imposer une cohabitation de fait à l’exécutif, en attendant une potentielle dissolution de l’hémicycle qui ne pourra légalement intervenir qu’en décembre.

​Face à ce grand ménage, une question juridique brûle toutes les lèvres : l’Assemblée peut-elle remplacer immédiatement ses vice-présidents sans attendre la fin de la législature prévue pour novembre 2026 ?

​La réponse est oui. Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale offre toute la base légale nécessaire pour parer à l’urgence à travers deux leviers essentiels :

​1. L’article 9 et la gestion de la vacance immédiate

​Cet article stipule clairement :

« En cas de démission ou de décès de l’un ou de plusieurs de ses membres [du Bureau], il est procédé à leur remplacement dans les meilleurs délais… »

​La démission crée une vacance instantanée. L’institution n’a donc pas besoin d’attendre le renouvellement annuel du Bureau pour combler les vides.

​2. Les modalités de remplacement (Articles 15 à 17)

​Le processus obéit à des règles strictes pour éviter l’anarchie :

  • Le respect de la représentativité : Les postes vacants doivent être réattribués en priorité au groupe parlementaire du démissionnaire, selon la règle de la plus forte moyenne.
  • Le vote en séance plénière : Le Président de l’Assemblée doit convoquer les députés pour élire les nouveaux membres, garantissant la reprise normale des travaux.

​Une bataille de légitimité face au Conseil constitutionnel

​Bien que l’opposition crie au forcing et menace de contester la conformité de ces va-et-vient institutionnels devant le Conseil constitutionnel, le camp majoritaire avance blindé par les textes.

​Le bras de fer ne fait que commencer. Entre un exécutif affaibli par la perte de sa majorité et un législatif en passe de devenir un contre-pouvoir féroce mené par Sonko, le Sénégal entre dans une zone de haute tension politique. Les prochains jours au King Fahd ou à l’hémicycle s’annoncent décisifs.

La rédaction de Senactu

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