Magal de Darou Khoudoss 2026 : Le cri du cœur de Serigne Cheikh Alioune Mbacké face aux urgences de Touba

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À l’approche de la commémoration du rappel à Dieu du fondateur du mouridisme, le Comité Régional de Développement (CRD) s’est penché ce jeudi sur les préparatifs de l’événement. L’occasion pour le porte-parole de la famille de Darou Khoudoss de dresser un constat sans concession sur la situation des infrastructures dans la ville sainte.

Diourbel, le 18 juin 2026 – Les grands événements religieux agissent souvent comme des révélateurs des urgences structurelles. Le Comité Régional de Développement (CRD) dédié au Magal de Darou Khoudoss, qui s’est tenu ce jeudi à la gouvernance de Diourbel, n’a pas dérogé à la règle. Sous la présidence du gouverneur de la région, Ibrahima Fall, et en présence de l’ensemble des chefs de services régionaux, la rencontre a oscillé entre l’évaluation des dispositifs de l’État et les attentes pressantes des populations.

​« Touba doit être la priorité des priorités »

​Prenant la parole au nom de la famille de Darou Khoudoss, Serigne Cheikh Alioune Mbacké a tenu à saluer la présence des autorités et les efforts déjà consentis par l’État ainsi que par la mairie de Touba. Cependant, le guide religieux a très vite mis les pieds dans le plat en pointant du doigt de nombreux manquements qui persistent dans la ville sainte, malgré les investissements de ces dernières années.

​« Touba est la priorité des priorités. Il y manque de tout : infrastructures, eau, assainissement, sans oublier la gestion délicate de la nappe phréatique », a martelé Serigne Cheikh Alioune Mbacké.

​Pour le marabout, l’équation est simple : le poids spirituel, démographique et l’apport économique de Touba à l’échelle nationale justifient amplement un traitement prioritaire et des investissements massifs à la hauteur de son statut.

​Contre la politique des « chantiers saisonniers »

​Au-delà du manque d’infrastructures de base, le porte-parole a fermement déploré la méthode globale d’exécution des travaux publics dans la zone. Il a notamment dénoncé le syndrome des chantiers, lancés à la hâte pour les besoins de l’événementiel religieux.

​« Éviter d’entamer les travaux à l’approche du Magal pour les abandonner juste après, ce n’est pas une bonne chose », a-t-il fustigé, réclamant une planification durable et des chantiers menés à terme plutôt que des solutions de surface.

​La réalité du terrain s’est également invitée dans son discours avec des alertes très concrètes sur le quotidien des populations. Serigne Cheikh Alioune Mbacké a ainsi déploré les pénuries d’eau sévères observées dans certaines localités, notamment à Tindody, ainsi que la recrudescence des coupures de courant chroniques qui rythment ces derniers temps la vie des habitants.

​Un compte à rebours lancé pour début juillet

​Le temps presse. Le Magal de Darou Khoudoss est programmé pour le tout début du mois de juillet 2026. Pour rappel, cet événement de haute portée spirituelle commémore le rappel à Dieu de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme, survenu le 19 juillet 1927 à Diourbel, avant son inhumation historique à Touba.

​À quelques semaines de l’échéance, les services régionaux et le gouverneur Ibrahima Fall se retrouvent face à un immense défi : transformer les engagements du CRD en actes concrets pour soulager les pèlerins et garantir le plein succès de ce grand rendez-vous.

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