Scandale de l’ASER : « 37 milliards ont disparu sous le regard de l’État », les révélations explosives de TAS qui font trembler la République

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Au sortir de son audition par la section de recherche, l’ancien ministre Thierno Alassane Sall brise le silence. Entre accusations de complicité au plus haut sommet de l’État, dossiers « en béton » venus d’Espagne et dénonciation d’un système de « vampires », le déballage est total

C’est un véritable pavé dans la mare de la gouvernance publique qui vient d’être jeté. Suite à son face-à-face avec les enquêteurs de la section de recherche, l’ancien directeur général et ex-ministre a livré une déclaration au vitriol, promettant un séisme judiciaire imminent autour du projet d’électrification rurale de l’ASER (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale).

​Un gouffre financier de 37 milliards de FCFA

​Au cœur du scandale, un chiffre vertigineux : 37 milliards de francs CFA destinés à sortir le monde rural de l’obscurité. Selon l’ex-ministre, la réalité du terrain est pourtant édifiante.

​« Sur 37 milliards, seuls 7 milliards seraient effectivement arrivés au Sénégal à la date d’aujourd’hui. (…) L’AEE POWER n’a pas électrifié plus de 33 villages. »

​À qui a profité le reste de cette fortune ? L’intervenant affirme avoir fourni des éléments factuels, clairs et précis à la justice pour traquer chaque centime. Il assure que les autorités espagnoles (notamment Banco Santander et la CESCE) avaient formellement alerté le Sénégal dès le 30 septembre 2024 sur des risques majeurs de détournement et des soupçons de prévarication. Une alerte restée, selon lui, volontairement sans réponse.

​« Des complicités au plus haut niveau de l’État »

​Loin d’un simple dysfonctionnement administratif, l’ex-ministre de l’ énergie dénonce une opération de « camouflage » et « l’enfumage » orchestrée par des dignitaires du régime actuel pour tromper l’opinion publique à coups de rapports fallacieux.

​« Il y a au Sénégal des gens qui ont refusé, qui sont tapis dans les plus hautes sphères de l’État, qui savent ce qui s’est passé et qui ont refusé qu’on enquête », martèle-t-il, visant explicitement le silence et l’inaction du président Diomaye, du Premier ministre, ainsi que des 130 députés de l’Assemblée nationale. Pour lui, l’actuel Directeur Général de l’ASER porte une lourde responsabilité : en affirmant avoir « renégocié » le contrat, il endosserait de facto la responsabilité de la gestion de ces fonds volatils.

​La guerre des plaintes et l’ombre des « vampires »

​Interrogé sur une potentielle plainte déposée contre lui pour manipulation, l’ancien ministre a balayé l’information d’un rire méprisant, qualifiant la démarche d’« absolument ridicule ». Rompu aux joutes judiciaires, notamment depuis son passage à l’ARTP, il se dit serein et affirme que les preuves obtenues en Espagne sont « en béton ».

​Dans une envolée lyrique et humanitaire, il a fustigé ceux qu’il qualifie de « vampires de la République » :

​« Des gens qui vivent du sang des pauvres, qui ne se soucient pas des villages sans électricité, des femmes qui accouchent dans l’obscurité, ou des gosses qui étudient dans le noir… tout ça pour s’offrir des voitures de luxe, des montres à des dizaines de millions et des appartements cossus à Paris, Casablanca ou aux Almadies. »

​Vers un grand déballage ?

​Promettant un « rendez-vous devant l’histoire », l’accusateur assure que les masques vont bientôt tomber et que les noms des complices – qu’il affirme connaître – finiront par être révélés au grand jour grâce à la coopération judiciaire internationale.

​Alors que la section de recherche poursuit ses investigations, l’affaire de l’ASER ne fait que commencer. Une chose est sûre : la justice sénégalaise est désormais au pied du mur.

Senactu.net

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