Mélenchon appelle à rompre avec les États-Unis : « Ils sont en déclin, donc plus agressifs »

DÉCRYPTAGE. Invité sur France Télévisions, le leader de La France Insoumise a plaidé pour une émancipation totale vis-à-vis de Washington. Selon lui, le déni des Européens face à l’effondrement du leadership américain met en danger notre sécurité
Faut-il apprendre à se passer des États-Unis ? Pour Jean-Luc Mélenchon, la réponse est un « oui » catégorique, qui doit s’accompagner d’une stratégie d’évitement particulièrement habile.
L’illusion du G7 et l’effondrement américain
Le fondateur de LFI dresse un constat sévère sur l’état de la géopolitique mondiale. Évoquant les échecs historiques et récents de Washington (du Vietnam à l’Afghanistan, jusqu’aux tensions avec l’Iran), il affirme que le leadership américain est désormais définitivement contesté, une réalité que les Européens refuseraient de voir.
Pour lui, les instances comme le G7 sont les « survivants des anciennes dominations » d’un monde qui n’existe plus :
« Qu’est-ce que ça peut bien être qu’un G7 où il n’y a pas la Chine ? Où il n’y a pas un pays francophone d’Afrique invité ? Tout ça, c’est l’ancien monde. »
Le piège de l’alignement
Le cœur du message de Jean-Luc Mélenchon réside dans un paradoxe : c’est précisément parce que l’empire américain faiblit qu’il devient dangereux.
- Le constat : En état de déclin, les États-Unis vont accentuer leur agressivité pour maintenir leur rang.
- La solution : L’Europe doit faire preuve d’une « détermination absolue » pour les mettre à l’écart et cesser de changer de ligne politique au gré des humeurs de Washington.
Alors que l’Europe reste profondément ancrée dans l’OTAN, ce plaidoyer pour un non-alignement radical relance le débat sur l’autonomie stratégique de la France. Une indépendance nécessaire pour les uns, une utopie dangereuse pour les autres.