Claquement de porte au CICAD : Abass Fall boycotte Diomaye Faye et dénonce une « mise en scène »

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) a été le théâtre d’un véritable coup de théâtre ce jeudi. En pleine réunion entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et les exécutifs territoriaux, le maire de Dakar, Abass Fall, a spectaculairement quitté la salle. Une désertion fracassante destinée à contester une organisation qu’il juge biaisée, artificielle et entièrement orchestrée par l’administration.
Un départ fracassant en pleine séance
Alors que les discussions entre le chef de l’État et les élus locaux devaient poser les bases d’un dialogue constructif sur la décentralisation, la tension a brutalement grimpé d’un cran. Abass Fall n’a pas attendu les conclusions de l’assemblée. Selon plusieurs recoupements, l’édile de la capitale a plié bagage au beau milieu des échanges, refusant de cautionner un climat qu’il décrit comme profondément « orienté ».
À sa sortie, le maire de Dakar n’a pas mâché ses mots, usant d’une ironie mordante pour qualifier l’ambiance générale. Évoquant une atmosphère digne d’un « théâtre », il a résumé la dynamique de la rencontre par une formule énigmatique mais lourde de sens : une temporalité située entre « 15h99 et 20h00 ». Selon ses proches, cette métaphore traduit le sentiment d’une organisation totalement surréaliste, désordonnée ou artificiellement pilotée pour meubler le temps.
Salles « faussement remplies » et maires refoulés : de graves accusations
Le cœur de la colère d’Abass Fall repose sur les conditions d’accès et la composition de l’assistance. Le haut responsable de Pastef accuse ouvertement les organisateurs d’avoir manipulé les apparences :
« La salle a été faussement remplie pour projeter une image factice de mobilisation générale », a-t-il fustigé.
Plus grave encore, l’élu de Dakar affirme que de véritables maires légitimes auraient été empêchés de franchir les portes du CICAD, alors même que l’espace était, selon lui, « envahi par des personnes transportées par bus sur les lieux ». Si ces accusations n’ont pas encore été corroborées de manière indépendante par d’autres participants, elles jettent un pavé dans la mare et entachent la crédibilité de ce grand rendez-vous républicain.
Soupçons de manipulation politique et fronde sur la réforme territoriale
Au-delà de la forme, c’est le fond du débat qui semble avoir cristallisé les frustrations. Abass Fall a vertement dénoncé des « discours programmés », suggérant que le temps de parole avait été verrouillé à l’avance pour éviter les notes discordantes.
Parmi les points de friction majeurs, la question sensible de la réforme territoriale a refait surface. L’Association des maires du Sénégal (AMS) aurait fermement réaffirmé son opposition à la suppression de certaines communes jugées non viables par l’exécutif.
Mais le maire de Dakar est allé encore plus loin dans l’offensive politique, ciblant directement la tutelle :
« C’est la main du ministre qui cherche à attirer des maires dans une coalition mort-née », a-t-il lâché, pointant du doigt une tentative de débauchage ou d’influence de la part du gouvernement auprès des élus locaux.
Quel impact pour la suite du quinquennat ?
Ce coup d’éclat d’Abass Fall, figure majeure du parti au pouvoir (Pastef) mais ici dans son costume de premier magistrat de la capitale, expose les fêlures et les tiraillements complexes entre l’État central et les collectivités territoriales. Reste à savoir si ce boycott isolera le maire de Dakar ou s’il agira comme le déclencheur d’une fronde plus large des élus locaux face aux réformes à venir.
Senactu.net