Guerre ouverte au sommet de l’État : Aminata Touré et la Coalition « Diomaye Président » dénoncent un « coup d’État parlementaire » contre le Chef de l’État

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Dakar, Senactu.net — C’est une véritable bombe politique qui vient de fragmenter le paysage institutionnel sénégalais. Lors d’un point de presse incendiaire tenu ce jour, la Coalition « Diomaye Président », par la voix de sa Superviseure Générale, Dr. Aminata Touré, est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « manœuvre politicienne » et de « chantage » orchestrés par les députés du parti au pouvoir, Pastef, à l’encontre du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

​Au cœur du litige : le détournement présumé du projet de révision constitutionnelle, transformé en instrument de « vengeance » après le limogeage de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko.

Le limogeage d’Ousmane Sonko : Le péché originel

​Pour Mimi Touré, le point de rupture remonte au 22 mai dernier, date à laquelle le Président Bassirou Diomaye Faye a décidé de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, pour cause de divergences et de performances insuffisantes. Une prérogative strictement conforme à la Constitution de notre régime présidentiel, rappelle la Superviseure.

​Cependant, cette séparation semble ne pas avoir été digérée par la majorité parlementaire. Selon la coalition présidentielle, les députés de Pastef, sous la houlette du Président de l’Assemblée nationale, ont pris le contrôle de la réforme constitutionnelle initiale pour en faire une arme de représailles politiques.

« On utilise cette institution parlementaire pour régler des comptes politiques ! C’est un esprit de revanche qui anime cette Assemblée nationale qui n’a cure des urgences de l’heure. Cette assemblée est totalement à la dévotion de son Président qui crie vengeance pour avoir été remercié », a martelé le Dr. Aminata Touré avec la verve qu’on lui connaît.

« Pouvoirisme » et dénaturation des textes : Ce qui coince

​Selon les conférenciers, le projet de révision constitutionnelle issu des Assises nationales et des dialogues sur la Justice a été totalement vidé de son essence par les parlementaires de Pastef. L’objectif visé par ces derniers serait d’affaiblir l’institution présidentielle au profit d’un renforcement disproportionné des pouvoirs du Président de l’Assemblée nationale.

Les points de discorde majeurs soulevés par la coalition :

  • Limitation de la dissolution : L’impossibilité pour le Chef de l’État de dissoudre l’Assemblée nationale plus de deux fois au cours de son mandat, tandis que les députés s’arrogent le droit de censurer le Premier ministre jusqu’à dix fois.
  • Le statut du Chef de l’État vis-à-vis de son parti : Initialement, la réforme prévoyait que le Président ne puisse plus diriger un parti politique. Une idée jugée « noble » au départ, mais qualifiée aujourd’hui de « dangereuse » par la coalition. Sans la casquette de chef de parti, le Président Faye se retrouverait livré au « chantage, aux insultes et aux calomnies » de ses propres camarades de camp.

Les exigences fermes de la Coalition « Diomaye Président »

​Face à ce qu’elle qualifie de « mascarade », la Coalition « Diomaye Président » oppose un non catégorique et formule trois exigences majeures :

  1. Le retrait immédiat du texte actuel amendé par les députés de Pastef.
  2. Un retour strict à l’esprit initial des dialogues nationaux et de la Justice.
  3. La garantie de la pleine souveraineté du Président dans l’exercice de ses fonctions, notamment le choix libre de son Premier ministre.

Le peuple arbitre par Référendum

​Pour clore le débat et contourner le blocage parlementaire, Aminata Touré a rappelé une vérité institutionnelle : « 135 députés ne représentent pas le peuple sénégalais. » C’est par le biais d’un Référendum, comme l’a déjà signifié le Président Diomaye Faye dans une correspondance adressée au Parlement, que les Sénégalais trancheront cette crise de gouvernance.

​Alors que l’hivernage s’installe et que les urgences économiques (coût de la vie, emploi des jeunes) se font pressantes, la coalition appelle à l’arrêt des combines politiques pour se concentrer sur les attentes des citoyens. Mais une chose est sûre : le divorce au sein de l’ex-mouvance présidentielle est désormais officiel, et la bataille pour le contrôle des institutions ne fait que commencer.

Senactu.net

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